Simple visite
Il y a trois semaines, j’étais en prison. Mais attention, simple visite.
Sollicité par l’association Lire pour en sortir, je me suis rendu dans un centre de détention pour rencontre des détenus (longues peines). Ils avaient lu ma bio de Philip Dick et on a parlé de SF, de Californie, d’écriture et de troubles mentaux pendant deux heures. Une expérience pas différente des rencontres plus banales dans son déroulement à deux exceptions près :
Le lieu. Une salle située dans le bâtiment social de la prison à laquelle on accède après avoir passé un contrôle, plusieurs portes blindées et à barreaux et s’être vu remettre un badge à porter à la ceinture, un dispositif “homme mort” qui prévient les surveillants si on se retrouve allongé.
Le public. Que des hommes. En général, les lecteurs sont des lectrices et se sont plutôt à elles que l’on s’adresse lorsqu’on fait des rencontres (à part peut-être en bd, parce que je fais des bd pour mâââles, sans doute). Et des hommes coincés là pour 10, 15, 20 ans, que sais-je. Dont j’ignore les raisons de l’incarcération.
Après cette rencontre, comme la première fois que j’avais “visité” une maison d’arrêt, il y a 25 ans, je me suis posé plein de questions qu’il ne sert à rien de réitérer ici et dont je n’obtiendrai sans doute jamais les réponses. Une expérience qui secoue un poil, pour dire le moins.
La revue Bifrost fête ses trente ans avec un numéro spécial Amazing Stories et une couverture de Nicolas Fructus mettant en scène des dizaines de collaborateur du magazine.
Je fais partie du lot et en ressent une certaine fierté (idiote, sans doute) et de la joie de m’y retrouver avec des amis du “milieu”. Autour de moi se trouvent Ugo Bellagamba, JD Brèque, Feyd Rautha, PP Durastanti, Bruno Para… En bonne compagnie, quoi.
Pincement au coeur, aussi, car à l’extrême opposé, cool et fumant une clope, un peu comme on se souvient de lui, se trouve Philippe Boulier, notre ami qui nous a quitté juste après avoir bouclé ce très chouette dossier. Son érudition y fait encore merveille.
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