Pat Smear
Le 2 novembre 1995, j’ai vu Pat Smear manger une glace.
C’était un jeudi, apparemment. Le soir, il jouait à Bordeaux avec les Foo Fighters (l’ancien batteur de Nirvana) et la section rythmique des excellents Sunny Day Real Estate. Dans mes souvenirs, il était avec deux ou trois nanas lookés façon Girl X et visiblement ravies de se balader avec lui. L’ancien guitariste des Germs, appelé en renfort dans Nirvana (puisque J. Mascis et son charisme flou avait refusé le poste) pour finir, dans le groupe de Dave Grohl, par bénéficier d’un succès démesuré en regard de la qualité des chansons.
Je ne sais plus avec qui j’étais, mais en le croisant ainsi rue Sainte Catherine (juste après la place du général Sarrail, pas l’endroit le plus sexy de la ville), j’ai aussitôt songé qu’il s’agissait là de l’homme le plus cool de la Terre. Et à cet instant, je peux vous assurer qu’il l’était.
Je ne sais pas grand-chose sur ce type et je n’ai pas envie d’en découvrir plus. Emane de lui une aura bien plus sympathique que celle de son chanteur et il fait de la figuration dans le clip de Raspberry Beret de Prince (l’homme le plus cool de la Terre, je vous disais). Ca me suffit.
Le concert du soir, au théâtre Barbey, n’a duré que dix morceaux durant lesquels Grohl a éructé passablement.
Heureusement, il y avait Built to Spill en première partie. Leur album There’s nothing’s wrong with love est devenu la bande son de mon été suivant.
Si j’avais croisé Doug Martsch, le chanteur de Built to spill, rue Sainte Catherine ce jour-là, je ne suis pas sûr que je l’aurais reconnu ou trouvé cool. Il écrit pourtant de bien meilleures chansons que Grohl et aurait mérité, peut-être pas de jouer dans des stades (je ne le souhaite à personne), mais sans doute un peu plus de succès.
Je ne sais plus où je voulais en venir avec cette histoire de Pat Smear et de Doug Martsch, mais je vous fais confiance pour tirer vos propres conclusions.
Sinon, contentez-vous d’écouter There’s nothing wrong with love. Il n’y a pas de grand message, mais ça fait du bien.
Adichats.


