Explorer le quotidien
C’est sans doute très difficile à accomplir, mais il existe sans doute un moyen d’appréhender la vie quotidienne pour la rendre moins ennuyeuse, banale, chiante. D’y trouver une part d’aventure, de découverte. C’est une question d’état d’esprit, pas forcément facile à appliquer, mais qui ne tente rien…
Il me suffit de m’éloigner de chez moi de trente ou cinquante kilomètres (à condition de ne pas connaître les lieux) pour ressentir cette étrangeté, la perte des repères du quotidien. Cette impression que l’on a lorsqu’on est en vacances loin de son foyer et surtout à l’étranger, où la moindre petite balade avec des panneaux et des pubs dans une autre langue ou une simple visite au supermarché donnent l’impression d’être un explorateur en terre inconnue. Les passants sont différents, leur langue plus ou moins compréhensible, leur nourriture inédite parfois.
Je ne suis pas un grand voyageur, mais j’ai visité quelques pays, quelques capitales. Et ce qui me surprend le plus, passé ce sentiment d’être un étranger en terre étrangère, c’est la vitesse à laquelle je reprends des habitudes. Au bout d’une semaine dans le même appartement au bout du monde, j’ai déjà un itinéraire de balade préféré et quelques yaourts favoris au supermarché du coin. L’effet est évidemment plus rapide en France. Larguez-moi à Vesoul ou Carpentras et je deviens aussi routinier qu’un autochtone de 80 ans en une semaine.
Le secret pour rendre la vie quotidienne moins banale et conventionnelle est peut-être d’intégrer un peu de l’étrangeté de l’éloignement dans le proche, le connu.
Changer d’itinéraire ou de moyen de transport pour aller à ce déjeuner demain, essayer une nouvelle boisson au bar portugais ensuite (bar portugais qui avait un air de vacances lors de ma première visite, mais qui, au bout de trois fois, a perdu de son atypie lusitanienne à mes yeux), s’attarder sur des choses vues mille fois mais jamais vraiment regardées, entrer dans cette librairie anglo-saxonne (où j’ai trouvé, par hasard, ce bouquin de Simon Raymonde dont j’ignorais l’existence), parler davantage avec des inconnus…
Une question d’état d’esprit, donc. Impossible pour certains, sans doute, et pas facile pour la majorité. Changer de point de vue pour masquer le fade et le convenu, peut-être, mais sans oublier le plaisir que l’on peut tout de même trouver à la routine et au familier. Un difficile équilibre…
Un symptôme de cette dichotomie routine/vacances se traduit sans doute chez moi par l’envie de retourner dans certaine villes déjà visitées pour en profiter de manière plus approfondie, plus intense dans le quotidien.

Noël approche et cette année, des proches, lassés de galérer, m’ont demandé de leur fournir une liste. J’ai bien quelques idées, mais j’ai tendance, tant que le budget et l’espace de rangement le permettent, à me procurer ce dont j’ai vraiment envie sans attendre qu’on me l’offre.
Il y a sans doute toutefois des choses auxquelles je n’ai pas pensé et connaissant certains lecteurs de cette newsletter, je me permets de demander votre assistance pour me donner des conseils sur des petits présents, culturels ou non, qui pourraient me plairent. Je ne doute pas que les lecteurs que je ne connais pas, plus nombreux, sont aussi des gens d’excellente qualité (la preuve, ils sont abonnés à cette mirifique infolettre) et sauront proposer de petites perles.
D’ici la prochaine fois, bonnes vacances ou bonne routine. Faites au mieux.



